
Source : Aydın Hasan pour Milliyet | 22/11/2006
Une possible coalition entre le MHP (ndlr : Parti du Mouvement Nationaliste-Extrême droite), et le CHP (ndlr : Parti Populaire Républicain-Gauche Républicaine) se discute en coulisses. « Nous partageons de plus en plus d'idées avec le CHP. » affirme Mehmet Şandır, un dirigeant du MHP. ; « Les anciennes tensions sont oubliées. » ajoute quand à elle Meral Akşener.
Les félicitations reçues par Devlet Bahçeli, président du MHP, de Deniz Baykal, président du CHP, font jaser dans les coulisses politiques au sujet de l'éventualité d'une coalition après les élections. Lors d'un discours au congrès de son parti empli de reproches à l'encontre de l'AKP (ndlr : Parti de la Justice, parti au pouvoir) et du DYP (Parti de la Bonne Voie), M. Bahçeli, affirmant qu'il prévoyait une coalition avec le CHP, seul parti qu'il a épargné, a expliqué aux cadres du parti « Les anciennes tensions sont oubliées. Nous partageons de plus en plus d'idées avec le CHP au sujet de la destruction des valeurs nationales par l'AKP. »
« Vers la coalition »
Baykal, dans sa déclaration en couverture de l'édition de Milliyet d'hier, avait défini comme une avancée importante le fait que l’approche de M. Bahçeli soit basée sur les valeurs républicaines et sur les principes d'Atatürk. Un cadre du parti, qui a demandé à ce que son nom ne soit pas publié, précisant que cette avancée représentait une importance historique de leur point de vue, et rappelant les thèmes sur lesquels le CHP et le MHP avaient combattu l’un contre l’autre avant le 12 septembre 1980 (ndlr : date du coup d’Etat de l’armée turque et de l’arrivée du général Kenan Evren au pouvoir), estime : « Le pays se dirige vers une coalition MHP-CHP. A l’encontre de l’éloignement fondamental de l’AKP du sentiment national, se forme cette alternative forte. Le fait que le MHP regarde vers le passé pouvait représenter un risque pour l’éventualité d’une telle coalition. La montée en puissance au sein du MHP de ceux s’attachant au souvenir de la situation d’il ya 30 ans, et ainsi la vision du retour du MHP vers le radicalisme, allait profiter à l’AKP. Il nous fallait donc empêcher qu’Ümit Özdağ qui souhaite cette nostalgie passéiste puisse être candidat. »
Le cadre du MHP, expliquant que l’AKP avait prévu d’accuser le MHP d’être un parti "radical", continue ainsi : « Sur les documents, il s’est présenté un candidat radical mais il nous fallait empêcher le doute qu’un radical puisse diriger le MHP de naître. Des proches de l’AKP ont cherché à pousser le MHP vers le radicalisme mais ils ont échoué. Au contraire, nous partageons de plus en plus d’idées avec les partis de gauche alors qu'il était tout à fait impensable de voir des gens de sensibilité de gauche prendre place au MHP auparavant. A présent, les perceptions d’avant 1980 ont été dépassées. Les Alevis se rapprochent maintenant de notre parti. Et au congrès, notre politique dirigée dans ce sens a été approuvée. »
« Nous respectons Baykal »
L’adjoint au président du MHP, Mehmet Şandır, expliquant qu’il planifiait l’arrivée au pouvoir des politiques nationalistes en réaction à la mondialisation assiégeante, a de son côté affirmé : « Nous respectons les idées et les opinions de Baykal. En tant que MHP, nous avons le but de représenter à nous seuls un pouvoir.. Même si les conclusions que nous tirons de la politique menée par l’AKP de destruction des fondations nationales sont différentes des leurs, nous commençons à partager le même mécontentement. Nous partageons de plus en plus d’idées. ».
Membre du comité central du MHP, Meral Akşener explique : « Politiquement, les anciennes tensions entre CHP et MHP sont oubliées. La destruction par l’AKP des valeurs nationales, a modifié la situation politique. Nous rencontrons le même mécontentement contre les menaces dirigées contre la république et ses valeurs fondatrices. »